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Et Riedisheim sortit des eaux...

Une très ancienne carte de Riedisheim

Le ban de Riedisheim est l'une des rares localités à témoigner, grâce à des objets trouvés lors de fouilles archéologiques, d'une présence humaine dès le Paléolithique inférieur. Le Rhin qui n'était alors qu'un torrent sauvage, répandait ses flots tumultueux jusqu'aux premières collines du Jura (Riedisheim compris). Au fil des siècles, le grand fleuve se creusa un lit plus profond et ses flots se retirèrent de plus en plus.

Lorsque les Romains vinrent en Alsace, ils endiguèrent le Rhin. Or, celui-ci, en se retirant avait laissé beaucoup de pierres et de sable. Cette terre sablonneuse est à l'origine de la Hardt sur laquelle prirent naissance de vastes forêts.

Pour fertiliser cette terre, les premiers habitants de notre contrée furent donc obligés d'abattre des quantités d'arbres. Le sol calcaire de Riedisheim dut être fertilisé également en asséchant des marécages.

Il y a 1000 ans…

Le nom de Riedisheim apparaît pour la première fois sur un acte légal en 1004, sous la dénomination de " Rudinisheim ". Au fil des siècles, les variations linguistiques se poursuivent pour aboutir en 1832 à Riedisheim. Quant à sa signification, elle fait l'objet de deux interprétations : c'est une allusion toponymique au " Ried " pour les uns et c'est le dérivé d'un anthroponyme germanique, " Rüdo ", " Rüdi ", diminutifs de Rudolf, pour les autres.

Située dans une région frontalière, notre commune connut un passé très mouvementé.

Durant le Moyen Age, le ban de Riedisheim comprenait deux villages distincts : Riedisheim et Leibersheim, ce dernier ayant disparu, probablement en 1467, détruit par les Suisses lors des démêlés entre la Confédération helvétique et la Maison de Bourgogne. Seule la chapelle Saint-Marc aurait subsisté, démolie à la fin du XVIIIe siècle et ayant servi de carrière de pierres.

Riedisheim change souvent de nationalité, appartenant ainsi à différents seigneurs. Au XIIe siècle, Riedisheim faisait partie de la seigneurie d'Altkirch, relevant des comtes de Ferrette. En 1495, l'empereur d'Autriche accorde à titre héréditaire le fief de Riedisheim au comte Oswald de Thierstein, bailli d'Altkirch. C'est lui qui donnera ses armoiries à Riedisheim (lien vers page armoiries) : une biche rouge marchant sur un sol vert dans un ciel d'argent. A l'extinction des Thierstein en 1523, Riedisheim retourne à l'Empire, puis aux comtes d'Ortemburg-Salamanca du bailliage de Landser.

En 1525, Riedisheim est incendié pendant la guerre des Paysans. Les seigneurs d'Ortemburg-Salamanca, très endettés, font des emprunts importants à la ville de Mulhouse et engagent Riedisheim, Brunstatt et Pfastatt. Jamais remboursée, Mulhouse essaie de s'approprier Riedisheim pendant la guerre de Trente Ans. Riedisheim proteste.

Par le traité de Westphalie, Riedisheim est rattaché au Royaume de France en 1648. Mulhouse perd définitivement ses droits sur Riedisheim en 1653, quand les héritiers des Fugger, créanciers d'Augsbourg, obtiennent l'adjudication des villages de Riedisheim, Brunstatt et Didenheim, qui seront acquis en 1654 par Martin Boesenwald. Cette famille noble conservera la jouissance de Riedisheim jusqu'en 1798.

Enfin, les tourbillons de l'histoire amenèrent les situations dramatiques que l'on sait. Le 28 juillet 1815, le village est pillé par les Alliés. Le 9 août 1914, d'importants combats ont lieu, dans et aux abords du village. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Riedisheim est bombardé en mai et en août 1944. Le village est libéré le 20 novembre 1944.

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